Troubles psychiques, TND, déficience : comment s’y retrouver ?
Lors d’une de mes dernières formations, j’ai accompagné un groupe d’animateurs d’atelier en ESAT, en grande majorité novices sur les questions de handicap psychique et neuro-développementales.
Très vite, une chose est apparue : les mots flottaient. “Borderline”, “TDAH”, “déficience”, “trouble mental”… Tout le monde les avait déjà entendus, mais rarement bien différenciés.
Alors on a pris le temps de dérouler le fil…
De ranger les tiroirs mentaux, pour éviter de tout mettre dans le même sac.
Et de construire ensemble une grille de lecture simple et utile sur le terrain.
👉 Des troubles, oui. Mais des familles bien distinctes
Les troubles psychiques
Ce sont ceux qu’on associe souvent à des souffrances psychologiques importantes : dépression, anxiété chronique, phobies, bipolarité, schizophrénie…
Ils apparaissent souvent à l’adolescence ou à l’âge adulte, parfois de manière soudaine, parfois progressivement.
Ils sont acquis, pas présents dès la naissance.
Ils peuvent provoquer des délires, des repliements, des peurs massives, des troubles de la pensée, des comportements déroutants.
Ils relèvent du champ psychiatrique, et nécessitent souvent un suivi médical ou thérapeutique.
Les troubles du neurodéveloppement (TND)
Ici, on parle de fonctionnement neurologique atypique, présent dès l’enfance.
Les TND ne sont pas des maladies, mais des formes de développement différentes.
Ils incluent :
- le TDAH, avec ou sans hyperactivité,
- les troubles DYS (dyslexie, dyspraxie, dysphasie…),
- les TSA (troubles du spectre de l’autisme),
- et aussi… la déficience intellectuelle (TDI).
Oui, la TDI fait bien partie des TND selon le DSM-5 (classification internationale).
Mais en formation, je choisis souvent de la traiter à part, parce qu’elle mobilise des postures très spécifiques sur le terrain (accompagnement pas à pas, consignes ultra concrètes, repères visuels…).
La déficience intellectuelle
C’est un fonctionnement cognitif globalement plus lent ou plus limité, souvent repéré dès l’enfance, mais qui ne relève ni de la psychiatrie ni d’un trouble du comportement.
👉 Et le fameux “trouble mental” ?
C’est le mot fourre-tout qu’on retrouve dans les textes de loi, les formulaires MDPH ou les arrêtés de sécurité sociale.
En réalité, il regroupe :
- les troubles psychiques,
- les TND (oui, même les DYS),
- parfois les troubles du comportement liés à des situations de vie (trauma, carence…).
C’est un terme utile pour les grandes classifications médicales, mais pas opérationnel pour comprendre ce que vit une personne.
C’est pourquoi, dans cette formation, on a choisi de ne plus l’utiliser tel quel. Mieux vaut nommer précisément ce qu’on observe, et s’appuyer sur des catégories claires.
👉 Pourquoi ces distinctions sont fondamentales en ESAT ?
Parce qu’un animateur d’atelier n’a pas à diagnostiquer, mais doit pouvoir adapter son accompagnement.
Et pour adapter, encore faut-il comprendre un peu ce qui se joue en face.
- Un adulte avec un TSA aura besoin de repères stables, de consignes séquencées et d’un environnement prévisible.
- Une personne avec un trouble psychotique aura besoin d’un cadre sécurisant, mais aussi d’une écoute prudente, sans confrontation directe.
- Une personne avec une TDI aura besoin de temps, d’explications concrètes, de gestes montrés plutôt que dits.
Comprendre les familles de troubles, ce n’est pas faire de la psychiatrie.
C’est faire preuve de justesse dans la relation, de discernement dans les attentes, et de souplesse dans les outils utilisés.
🔗 Pour approfondir : classification DSM‑5 des TND (dont la TDI)
Le DSM‑5, référence mondiale en psychiatrie, classe les différents troubles , 👉 Une ressource riche pour compléter ta formation, étoffer tes ateliers et nourrir des échanges avec ton équipe.



